Le pensionnat: difficile d’y entrer, mais aussi de le quitter

C’est difficile d’aller en pension lorsqu’on a 11 ans. C’est là que la mère de Jean Gilles l’envoie pour qu’il poursuive ses études. Il n’a pas envie de la quitter, partage avec elle des moments très simples :

« Avec quelques bonbons, ma mère m’avait porté un livre de Jules Verne que je me mis à lire sur-le-champ, pris de la crainte de ne le pouvoir finir avant la rentrée… »

Puis c’est la vie à l’internat, les dortoirs où les murmures s’apaisent enfin, les études qui commencent et finissent la journée, les récréations qui permettent de connaître les autres pensionnaires, d’éprouver leur dureté :

« je sentais autour de moi une suspicion constante, une sourde hostilité que je ne m’expliquais pas »

Peu à peu, Jean Gilles découvre aussi l’amitié :

« Nous nous retrouvâmes pour causer aux récréations, après qu’en étude nous nous étions souvent retournés l’un vers l’autre ». 

Ce récit écrit en 1912 évoque avec beaucoup de finesse les sentiments d’un jeune garçon qui quitte sa famille. L’Elève Gilles plaira aux amoureux de la belle écriture, à ceux qui apprécient les longues phrases qui laissent réfléchir, à ceux qui gardent intacts les souvenirs de leur enfance au pensionnat. 

 

L’Elève Gilles d’André Lafon, publié en 1912 et réédité chez Libretto/Libella, en 2020